VIE SEXUELLE DE CATHERINE M.(LA)

VIE SEXUELLE DE CATHERINE M.(LA)

Editorial:
SEUIL
Materia
Novela
ISBN:
978-2-02-055130-4
Disponibilidad:
Único ejemplar, sujeto a confirmación

Des siècles de littérature érotique. Des milliers de lignes qui cherchent, sinon à épuiser, à dire et redire le mystère du désir et de la jouissance.
Reprenons : il était une fois l'amour. Le désir. Le plaisir. Les esprits s'échauffaient. Les corps se souvenaient. Ils en auraient perdu la mémoire.
Et pourtant il faut se souvenir. Il y a très longtemps. Alors que l'Amour Courtois recouvrait d'un voile pudique les émois charnels, les fabliaux au XIIIème et XIVème siècle célébraient tout autant qu'ils moquaient les voluptés du sexe. Sous la Renaissance, les écrits érotiques, jugés immoraux et hautement subversifs, conduisaient directement au bûcher. Théophile de Viau, accusé en 1622, échappa de justesse à la grillade. Claude Le Petit n'eut pas cette chance, il fut brûlé vif. Les auteurs comme leur livre partaient au purgatoire. Puis, vint l'ère du libertinage. Le corps, loin des injonctions de l'Eglise, se réconciliait avec l'âme. Diderot écrit en 1748 Les bijoux indiscrets ; Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses. Perversions, fantasmes, déviances nourrirent une littérature qui se refusait désormais aux dérobades et aux fausses sublimations. Comme si elle attendait secrètement un ébrouement salvateur du langage. Comme si elle attendait celui qui ferait voler en éclats les bienséances chichiteuses et mièvres, celui qui prendrait à bras-le-corps nos attentes inavouables. Ce fut le divin Marquis de Sade et ses « sanglantes épopées érotiques ». Les pires affinités n'étaient plus silencieuses. Les poèmes licencieux de Clément Marot, les facéties grivoises étaient loin. Avant lui, les mots se plaignaient et se torturaient. Ils s'ennuyaient. Avec lui, ils plongent en eaux troubles ; ils fragilisent la censure pour mieux anéantir toutes les autres. Ils miment et réorchestrent la violence sexuelle. Timidement, le XXème siècle pointa le bout de son nez. Et la littérature eut un autre visage. D'Apollinaire à Bataille, en passant par Pierre Louys, elle se déshabilla, sans arrière-goût de culpabilité. La discrétion n'était plus son fort. Bien sûr elle conservait ses chagrins et ses résistances. La psychanalyse n'allait pas tarder à les mettre à mal. Aujourd'hui, le scandale est un certificat de bonnes mœurs. Les amours obscures, un gage de succès. Elles fleurissent confessions et récits, de Houellebecq à Christine Angot, de Catherine Millet à Bergamini. De solitaire, le fantasme est devenu solidaire. L'époque se veut généreuse.